
Obligations après immatriculation d’une société en Tunisie
Comptabilité, fiscal, CNSS, RNE, PV, dividendes et TEJ : ce que la société doit contrôlerUne société immatriculée en Tunisie peut avoir des obligations même sans chiffre d’affaires ni achats. Les obligations sociales, elles, dépendent notamment de la présence de personnel salarié et de l’affiliation à la CNSS.
Après l’immatriculation, il faut surveiller quatre niveaux :
- 1Obligations immédiates : organiser les pièces comptables et vérifier les déclarations fiscales mensuelles.
- 2Obligations selon la situation : CNSS, paie et fiches de paie si la société emploie du personnel.
- 3Obligations annuelles : déclaration IS, états financiers, dépôt au RNE, PV d’approbation et affectation du résultat.
- 4Blocages possibles : pénalités, situation fiscale non à jour, retard CNSS, difficulté lors de certaines démarches administratives.
L’erreur centrale est de croire qu’une société « inactive » n’a rien à déposer. En pratique, certaines déclarations doivent être vérifiées dès l’immatriculation, même lorsqu’elles sont à zéro.
Ce guide suit les points à contrôler après immatriculation : comptabilité conforme, fiscalité, CNSS, télédéclaration, RNE, PV, dividendes, retenue à la source et TEJ.
Ce guide ne sert pas à choisir un comptable, comparer des honoraires ou demander un devis. Il explique les obligations, échéances, retards et erreurs à surveiller après l’immatriculation d’une société en Tunisie : comptabilité conforme, fiscalité, CNSS, paie, télédéclaration, RNE, PV, dividendes, TEJ et blocages administratifs liés à un dossier non à jour.
Dans le parcours création, domiciliation et gestion d’entreprise en Tunisie, ce guide traite l’étape post-immatriculation. Une fois la société créée, le dossier doit rester cohérent : pièces comptables, déclarations fiscales, CNSS si salariés, dépôt RNE, PV d’approbation, dividendes, retenues à la source et TEJ.
Tenir une comptabilité conforme dès l’immatriculation
Dès l’immatriculation, la société doit tenir une comptabilité conforme. Une facture rangée dans un dossier ne suffit pas : chaque opération doit être justifiée par une pièce, enregistrée en comptabilité, reprise dans les livres et intégrée aux états financiers.
Selon l’article 62 du Code IRPP/IS, les personnes morales concernées doivent tenir une comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises. La loi n°96-112 du 30 décembre 1996 précise, dans son article 2, que la comptabilité repose sur des pièces justificatives, la tenue des livres comptables et l’élaboration des états financiers.
L’article 12 impose que l’enregistrement comptable soit appuyé par des pièces permettant d’identifier l’origine, le contenu, l’imputation et les références de l’opération. Une écriture ne doit donc pas seulement apparaître sur le relevé bancaire. Elle doit expliquer ce qui a été payé, pourquoi, à qui et sur quelle base.
La société doit classer dès le départ :
- factures d’achat et de vente
- relevés bancaires
- pièces de règlement
- contrats
- déclarations déposées
- documents de paie, si la société emploie du personnel
Exemple : une société paie un fournisseur par virement, sans facture ni contrat. Le relevé bancaire prouve le paiement. Il ne prouve pas la nature de la charge. Sans pièce exploitable, l’écriture comptable devient difficile à justifier.
L’article 25 de la loi n°96-112 impose la conservation des états financiers, livres, balances et pièces justificatives pendant au moins dix ans.
Pour organiser la tenue des livres, les états financiers et les échéances déclaratives, les dirigeants peuvent trouver un comptable en Tunisie pour la tenue comptable et les déclarations fiscales selon leur activité, leur régime fiscal et les besoins de leur société.

Un dossier comptable, pas un simple classeur
Pièces, livres et états financiers doivent parler la même langue que les déclarations déposées.
Déclarations fiscales : échéances et erreur du zéro activité
Après l’immatriculation fiscale, la société doit contrôler ses déclarations fiscales. Le point de départ déclaratif n’est pas la première facture, le premier achat ou la clôture du premier exercice.
- 1Quand commencent les obligations ?
- 2Déclaration mensuelle
- 3Déclaration annuelle IS
- 4Zéro activité
Quand commencent les obligations déclaratives ?
Les obligations déclaratives se vérifient dès l’immatriculation fiscale. Le premier mois d’existence fiscale doit être contrôlé, même si l’activité réelle n’a pas encore commencé.
La question n’est pas seulement : “la société a-t-elle vendu ?”. La vraie question est : quelles déclarations sont exigibles selon sa situation fiscale ?
Déclaration mensuelle : échéance et taxes à vérifier
Les obligations fiscales évoluent avec les nouvelles dispositions législatives. La loi de finances Tunisie 2026 prévoit notamment des mesures relatives à la facturation électronique des prestations de services (article 53), à certaines régularisations fiscales (article 69) et à la contribution sociale de solidarité (article 87).
La déclaration mensuelle doit être vérifiée chaque mois selon les taxes applicables à la société. Les principales rubriques à contrôler sont :
20 premiers jours du mois suivant
Article 69 de la loi de finances 2024.
28 premiers jours du mois suivant
Erreur à éviter : attendre qu’une opération soit importante pour regarder la déclaration mensuelle. Même un mois sans vente doit être contrôlé si le dépôt mensuel est exigible.
Déclaration annuelle IS et états financiers
Selon l’article 60 du Code IRPP/IS, les personnes morales déposent leur déclaration annuelle d’impôt sur les sociétés au plus tard le 25 mars lorsque l’exercice clôture au 31 décembre. Si l’exercice clôture à une autre date, le délai est le 25e jour du troisième mois suivant la clôture.
Les états financiers sont annexés à la déclaration annuelle d’impôt. Ce délai fiscal ne doit pas être confondu avec le dépôt des états financiers au RNE, qui suit un autre calendrier : au plus tard dans le 7e mois suivant la clôture de l’exercice.
À distinguer : les acomptes provisionnels suivent le calendrier lié aux résultats de l’exercice, tandis que la déclaration d’employeur suit ses propres règles annuelles et porte sur les sommes déclarables de l’année précédente. Ces obligations ne remplacent pas le contrôle mensuel dès l’immatriculation fiscale.
Pourquoi le zéro activité ne dispense pas automatiquement de déclarer
Une société sans chiffre d’affaires peut devoir déposer une déclaration mensuelle. Si aucune opération n’a été réalisée, certaines rubriques peuvent être déclarées à zéro.
Exemple : une société immatriculée en janvier n’a ni vente ni achat. Si elle est tenue au dépôt mensuel, l’absence d’activité ne supprime pas la déclaration. Elle conduit à vérifier une déclaration à zéro.
Ne pas déposer une déclaration exigible peut entraîner des pénalités de retard et une situation fiscale non à jour dès les premiers mois.
Télédéclaration et téléliquidation : adhésion et accès
Après l’immatriculation, la société doit vérifier son mode de dépôt fiscal : papier, téléliquidation, télédéclaration ou télépaiement. Ces outils ne changent pas l’impôt dû. Ils changent la manière de déclarer, liquider ou payer.

Qui doit adhérer obligatoirement ?
La télédéclaration et le télépaiement concernent les contribuables soumis à l’obligation de déclaration et de paiement à distance. Le guide de télédéclaration rattache l’instauration du système à l’article 57 de la loi de finances 2001. L’obligation de télédéclaration et de télépaiement est rattachée à l’article 70 de la loi de finances 2005, avec un champ et des modalités fixés notamment par le décret n°2005-2494 du 12 septembre 2005.
La société doit donc vérifier si elle entre dans une catégorie légalement soumise au dépôt et au paiement à distance : seuil, activité, régime ou obligation particulière selon les textes applicables.
Le contrôle utile n’est pas : « la société préfère-t-elle déclarer en ligne ? ». Le contrôle utile est : « son mode de dépôt est-il imposé par sa situation fiscale ? ».
Qui peut adhérer volontairement ?
Une société non obligatoirement soumise au système peut adhérer volontairement lorsque le dispositif lui est accessible. Il faut distinguer trois mécanismes :
La société liquide l’impôt en ligne, puis paie auprès d’une recette des finances.
La société dépose sa déclaration à distance.
La société règle l’impôt via le système de paiement à distance.
Le Ministère des Finances présente la téléliquidation comme un mode de déclaration par internet fondé sur l’article 57 de la loi n°2000-98 du 25 décembre 2000 portant loi de finances pour 2001. Le service permet de liquider l’impôt en ligne, puis de payer à partir du lendemain auprès d’une recette des finances.
Comment préparer l’adhésion ?
L’adhésion ne doit pas être traitée au moment du dépôt. Avant une échéance fiscale, la société doit vérifier :
- le mode applicable : papier, téléliquidation, télédéclaration ou télépaiement
- les déclarations concernées
- l’identification fiscale de la société
- les accès nécessaires au système
- les moyens de paiement ou autorisations liés au paiement
- la personne habilitée à déposer ou payer
Le Ministère des Finances met à disposition une demande d’adhésion à la télé-déclaration. L’adhésion peut aussi être préparée par formulaire auprès de la structure de contrôle compétente ou, lorsque le dispositif le permet, en ligne.
Erreur fréquente : découvrir l’obligation de télédéclaration au moment du dépôt. La déclaration est prête, mais l’accès, l’adhésion ou le moyen de paiement ne l’est pas.
L’adhésion donne-t-elle accès à la banque ?
Non, l’adhésion à la télédéclaration, au télépaiement ou à la téléliquidation ne doit pas être confondue avec un accès bancaire général. Les procédures peuvent impliquer des moyens de paiement, des autorisations ou des informations nécessaires au règlement de l’impôt. Cela ne signifie pas que l’administration fiscale dispose d’un accès libre au compte bancaire de la société.
- Service fiscal en ligne : dépôt, liquidation, consultation ou paiement des déclarations.
- Autorisation de paiement : moyen technique pour régler l’impôt.
- Relation bancaire : relation entre la société et sa banque.
Le bon contrôle après immatriculation consiste à identifier le mode de dépôt applicable, préparer l’adhésion si nécessaire et sécuriser les accès avant la première échéance concernée.
États financiers au RNE : dépôt, délais et pénalités

- 25 mars = déclaration annuelle IS.
- 7e mois après clôture = dépôt RNE des états financiers.
Les états financiers ne s’arrêtent pas à la déclaration annuelle d’impôt. Après la clôture, la société doit aussi déposer ses états financiers au Registre National des Entreprises.
Selon l’article 32 de la loi n°2018-52 du 29 octobre 2018, les personnes morales doivent déposer au RNE, au plus tard dans le 7e mois suivant la clôture de l’exercice comptable, leurs états financiers établis conformément aux lois et règlements en vigueur. Les sociétés déposent également une liste mise à jour des actionnaires ou associés à la date de l’assemblée générale ; les rapports du commissaire aux comptes sont déposés lorsque la société est assujettie au commissariat aux comptes. Les sociétés mères ont, si applicable, une obligation spécifique de dépôt des documents visés par l’article 472 du Code des sociétés commerciales dans le délai d’un mois à compter de leur approbation.
Le délai RNE ne doit pas être confondu avec le 25 mars. Le 25 mars concerne la déclaration annuelle IS lorsque l’exercice clôture au 31 décembre. Le RNE suit un autre calendrier : 7e mois suivant la clôture. Pour un exercice clôturé au 31 décembre, le dépôt RNE doit donc être surveillé avant la fin juillet.
Le dépôt relève de la responsabilité du représentant légal de la société. Il ne suffit pas que les états financiers soient prêts ou annexés à la déclaration fiscale : le dépôt RNE doit être réalisé séparément.
Le dépôt annuel des états financiers ne remplace pas les formalités de mise à jour des informations enregistrées au RNE. En cas de changement de gérant, de siège, de capital ou de statuts, le service de modification de société en Tunisie : gérance, siège social, capital et statuts permet de préparer les actes et d'accomplir les formalités correspondantes. Ces démarches restent distinctes du dépôt annuel des comptes.
Article 51 loi n°2018-52 : pénalité égale à la moitié de la redevance due par mois ou fraction de mois. Décret n°2022-298 : redevance à 50 dinars (personne morale), 20 dinars (personne physique) ; réduction de 50 % pour les procédures du tableau n°1 rendues électroniquement.
Article 52 : notification et délai maximum de 15 jours ; à défaut suspension du registre et transmission au ministère public. Article 53 : amende de 1 000 à 5 000 dinars.
Erreur fréquente : déposer la déclaration IS avec les états financiers annexés, puis oublier le dépôt RNE. Le dossier fiscal peut être traité, mais le dossier RNE reste incomplet.
Le RNE annonce une transition vers des services 100 % en ligne à partir du deuxième semestre 2026, avec suppression du dépôt physique aux guichets et recours à MobileID pour les personnes physiques ou DIGIGO pour les personnes morales. Cette évolution ne modifie pas le délai légal de dépôt ; elle rend surtout nécessaire la préparation des accès numériques avant l’échéance.
PV d’approbation, affectation du résultat et dividendes
Après la clôture, la société doit suivre une chaîne précise : comptes arrêtés, assemblée, PV, affectation du résultat, dépôt fiscal, puis traitement des dividendes si une distribution est décidée.
PV d’approbation des comptes
Pour les SARL, l’article 128 du Code des sociétés commerciales prévoit une assemblée générale ordinaire annuelle dans les six mois suivant la clôture. Pour les SA, l’article 275 prévoit aussi une AGO annuelle dans les six mois.
À contrôler dans le PV :
- date de l’assemblée
- comptes approuvés
- résultat de l’exercice
- rapports du commissaire aux comptes ou auditeurs si concernés
- décision d’affectation du résultat
L’article 57 du Code IRPP/IS intervient après la délibération : les documents constatant notamment l’approbation et l’affectation des résultats doivent être déposés auprès du centre ou bureau de contrôle des impôts compétent dans les 30 jours de la date des délibérations.
Affectation du résultat
L’affectation explique ce que devient le bénéfice ou la perte : réserve légale, réserves statutaires ou spéciales, report à nouveau, absorption des pertes ou distribution.
Il faut vérifier le bénéfice distribuable : résultat de l’exercice, résultats reportés, pertes antérieures, réserve légale et réserves prévues par les statuts ou par des textes spéciaux.
Pour les SARL, l’article 140 prévoit un prélèvement de 5 % des bénéfices pour la réserve légale, jusqu’au dixième du capital. Pour les SA, l’article 287 définit le bénéfice distribuable après prise en compte des résultats reportés et déduction notamment de la réserve légale de 5 %, des réserves spéciales et statutaires.
- le résultat comptable
- les pertes ou reports antérieurs
- la réserve légale
- les réserves statutaires ou spéciales
- la décision finale : report, réserve ou distribution

Distribution, retenue à la source et TEJ
Une distribution doit être décidée avant paiement. Le virement bancaire ne suffit pas : il faut une décision, un bénéficiaire identifié, une retenue vérifiée et un certificat si la retenue est due.
- bénéficiaire personne physique
- bénéficiaire personne morale résidente
- bénéficiaire non-résident
- application éventuelle d’une convention fiscale
- retenue à la source due ou non due
L’article 52 du Code IRPP/IS prévoit notamment une retenue à la source de 10 % au titre des revenus distribués. La note commune n°14/2018 précise qu’elle ne s’applique pas aux bénéfices distribués aux personnes morales résidentes en Tunisie. Pour les non-résidents, il faut vérifier le régime applicable et, le cas échéant, la convention fiscale.
Lorsque la retenue est due, l’article 55 impose un certificat de retenue à la source. TEJ sert à établir le certificat, pas à décider la distribution. L’article 41 de la loi de finances 2022 a instauré l’élaboration électronique des certificats. L’arrêté du 10 mai 2024 fixe champ, modalités et délais : dépôt sur TEJ au plus tard à la fin du mois suivant le mois du paiement. Entrée du reste des contribuables au 1er janvier 2026.
Les écritures, déclarations, retenues et traitements fiscaux liés à ces opérations relèvent du professionnel comptable retenu. Pour cadrer ce besoin et choisir un professionnel adapté, voir la page trouver un comptable en Tunisie. La régularité des PV et des décisions sociales reste distincte de leur traduction comptable et fiscale.
Au-delà des obligations légales qui incombent à chaque société après immatriculation, Legal Crea prévoit un accompagnement administratif et de gestion gratuit pendant 24 mois, dans le périmètre de son engagement contractuel. Les engagements de Legal Crea pour le suivi gratuit de 24 mois après création de société précisent les conditions de cet accompagnement et ses justificatifs. Ce suivi ne remplace pas la tenue comptable ni les déclarations confiées à un professionnel.

Un dossier post-immatriculation cohérent tient sur quatre plans : comptable, fiscal, social et RNE.
Chaque décision (paie, distribution, transfert, mise à jour) doit se retrouver dans les livres, les déclarations, les PV et les documents déposés.
FAQ : retards, blocages et erreurs après immatriculation
Une société sans chiffre d’affaires doit-elle déposer une déclaration à zéro ?
Oui, si une déclaration est exigible selon sa situation fiscale. L’absence de chiffre d’affaires ou d’achats ne supprime pas le dépôt.
Pour les personnes morales adhérentes ou soumises à la télédéclaration et au télépaiement : 20 premiers jours du mois suivant. Pour les personnes morales non concernées par ce mode de dépôt : 28 premiers jours du mois suivant.
La déclaration annuelle IS reste aussi à surveiller. Pour les déclarations périodiques concernées, le minimum de perception peut notamment être de 30 dinars pour les personnes morales. Ce montant ne constitue pas le minimum général de l’IS annuel.
Peut-on payer la taxe véhicule si la déclaration IS n’est pas déposée ?
Le paiement de la taxe de circulation est subordonné au dépôt de la dernière déclaration exigible au titre de l’IR ou de l’IS. Cette règle a été ajoutée par l’article 31 de la loi n°2020-46 du 23 décembre 2020, portant loi de finances pour 2021.
Pour une société clôturant au 31 décembre, l’article 60 du Code IRPP/IS fixe l’échéance de la déclaration annuelle IS au 25 mars. Avant de payer la taxe véhicule, il faut donc contrôler : déclaration IS déposée, états financiers annexés si requis, et situation fiscale à jour.
TEJ sert-elle seulement aux certificats de retenue à la source ?
Non. TEJ sert aux certificats de retenue à la source, mais aussi à certains dépôts fiscaux.
Pour les certificats, l’article 55 du Code IRPP/IS impose leur délivrance à l’occasion du paiement. L’article 41 de la loi de finances 2022 a instauré leur élaboration électronique, et l’arrêté du 10 mai 2024 fixe les modalités et délais.
Pour l’exercice 2025, les contribuables soumis au dépôt électronique de la déclaration de l’employeur devaient la déposer exclusivement via TEJ au plus tard le 30 avril 2026.
Point à retenir : TEJ ne remplace pas la retenue à la source. Elle formalise le certificat ou le dépôt concerné.
Que se passe-t-il si les états financiers ne sont pas déposés au RNE ?
Le dépôt fiscal de l’IS ne remplace pas le dépôt RNE. Selon l’article 32 de la loi n°2018-52, les états financiers doivent être déposés au RNE au plus tard dans le 7e mois suivant la clôture.
Les sociétés doivent également déposer la liste mise à jour des actionnaires ou associés et, lorsqu’elles y sont assujetties, le rapport du commissaire aux comptes.
En cas de retard, l’article 51 prévoit une pénalité égale à la moitié de la redevance due par mois ou fraction de mois. En cas d’omission, les articles 52 et 53 prévoient notification, régularisation, suspension possible du registre, transmission au ministère public et amende de 1 000 à 5 000 dinars.
Peut-on distribuer des dividendes sans PV et sans retenue à la source ?
Pas sans décision régulière. Le PV doit constater l’approbation des comptes et l’affectation du résultat. L’article 57 du Code IRPP/IS impose le dépôt des documents dans les 30 jours de la délibération.
Pour la retenue, il faut vérifier le bénéficiaire. L’article 52 prévoit notamment une retenue de 10 % sur les revenus distribués. La note commune n°14/2018 précise qu’elle ne s’applique pas notamment aux bénéfices distribués aux personnes morales résidentes en Tunisie. Pour un non-résident, régime et convention fiscale doivent être vérifiés.
Si une retenue est due, l’article 55 impose un certificat, à établir via TEJ lorsque l’opération entre dans son champ.
Que faire si plusieurs obligations sont déjà en retard ?
Il faut classer les retards par administration. Une régularisation fiscale ne corrige pas un retard CNSS. Un dépôt RNE ne corrige pas une déclaration IS manquante.
Ordre de contrôle :
- Fiscalité : déclarations mensuelles, IS annuel, pénalités ;
- CNSS : affiliation, immatriculation, déclarations trimestrielles, cotisations ;
- RNE : états financiers, pénalités, omission ;
- PV et dividendes : approbation, affectation, retenue, TEJ.
Bases à vérifier : article 60 du Code IRPP/IS, Code des droits et procédures fiscaux, articles 37, 38, 45 et 46 de la loi n°60-30, articles 32, 51, 52 et 53 de la loi n°2018-52.
Sécuriser le suivi post-immatriculation
Legal Crea — guide des obligations après immatriculation d’une société en Tunisie.
Contenu rédigé avec la participation et la validation juridique de Maître Yosra Abidi, avocate, docteure en droit public et enseignante universitaire, et avec la participation de Safouen Ben Errayes, comptable et commissaire aux comptes inscrit à l’OCT, dans son champ comptable, fiscal, documentaire et procédural. Cette page traite d’un sujet relevant à la fois de leurs champs réels d’intervention. Les règles applicables dépendent de la situation juridique, comptable et fiscale du dossier concerné. En savoir plus sur la société éditrice et le cadre éditorial du site : À propos de Legal Crea.
Dernière mise à jour : 28/09/2026.

