Fiscalité d'une société offshore en Tunisie : régime, impôt et cadre applicable
La fiscalité d'une structure offshore en Tunisie ne se résume pas à un taux. Impôt sur les sociétés, dividendes, TVA et avantages fiscaux s'analysent selon l'activité réelle, les textes applicables et les conditions effectivement remplies.
Cette page traite uniquement la fiscalité d'une société offshore en Tunisie : impôt sur les sociétés, dividendes, TVA et avantages fiscaux. Elle ne traite pas le cadre général de création, la réglementation de change ni les formalités bancaires.
Il n'existe pas de régime fiscal offshore automatique. La lecture fiscale dépend de l'activité réellement exercée, de la qualification des opérations et du texte applicable à chaque situation. Le taux général de l'impôt sur les sociétés est de 20 %, sous réserve des taux et régimes particuliers prévus par le Code de l'IRPP et de l'IS dans sa version en vigueur. Le seul fait d'exporter ne donne pas droit à un taux de 10 %.
- • le taux d'impôt sur les sociétés se lit à partir de la nature du bénéfice imposable ;
- • la fiscalité des dividendes se distingue de l'imposition du bénéfice ;
- • la TVA et les avantages fiscaux ne s'appliquent que dans le cadre prévu par les textes et sous réserve des conditions requises.
Pour la vue d'ensemble du cadre juridique, opérationnel et bancaire, et pour relire l'activité réelle, les conditions requises et une lecture prudente à travers les avantages d'une société offshore en Tunisie, il faut aussi tenir compte du cadre global, des limites du régime et de la cohérence du dossier.
Vue d'ensemble avant d'aller plus loin
| Sujet | Repère de lecture |
|---|---|
| Impôt sur les sociétés | Taux général de 20 %, sous réserve des taux et régimes particuliers selon l'activité, la nature des bénéfices et les conditions prévues par les textes |
| Dividendes | Retenue à la source de 10 % sur les bénéfices distribués dans le cadre visé par la note commune n°14, sous réserve des cas de non-application |
| TVA | Suspension possible sur certaines opérations ou acquisitions, selon le texte applicable et les conditions remplies |
| Avantages fiscaux | Incitations existantes, mais uniquement dans les cas prévus par les textes et sous réserve du respect des conditions requises |
Quel régime fiscal s'applique à une société offshore en Tunisie ?
Il n'existe pas de régime fiscal unique applicable automatiquement à une structure tournée vers l'international. En pratique, le traitement fiscal dépend de la nature réelle de l'activité, de la qualification des opérations, du secteur concerné et du texte applicable.
En Tunisie, le taux général de l'impôt sur les sociétés est de 20 %. Les taux et régimes particuliers s'apprécient selon l'activité, les bénéfices concernés et les conditions prévues par les textes en vigueur, notamment l'article 49 du Code de l'IRPP et de l'IS.
L'ancien régime fiscal de l'exportation prévu aux articles 67 à 69 de ce code a été abrogé. Les dispositions transitoires ont maintenu certains avantages jusqu'au 31 décembre 2020 pour les entreprises concernées. Ces règles historiques ne constituent pas le fondement du taux applicable aujourd'hui à une activité exportatrice.
Avant de conclure sur le régime fiscal, il faut donc vérifier :
- la nature réelle de l'activité ;
- la qualification exacte de l'opération ;
- le texte applicable ;
- le respect des conditions requises.
| Ce qu'il faut identifier | Pourquoi c'est décisif |
|---|---|
| Nature réelle de l'activité | Le taux ne dépend pas d'un simple intitulé |
| Qualification export / totalement exportatrice | Le cadre fiscal varie selon le régime réellement applicable |
| Texte applicable | Un avantage fiscal ne se présume jamais |
| Conditions remplies | Un régime favorable peut être écarté si les exigences légales ne sont pas respectées |
En fiscalité, le bon régime se déduit d'abord des faits, du texte applicable et de la qualification correcte de l'opération.
Distinction utile pour la lecture fiscale
En fiscalité, entreprise totalement exportatrice, non-résidence et régime fiscal ne désignent pas la même chose.
L'article 11 du Code de la TVA définit les opérations d'exportation et les entreprises totalement exportatrices pour l'application de ce dispositif. La non-résidence relève de la réglementation de change et ne détermine pas, à elle seule, le traitement fiscal applicable.
À retenir :
Entreprise totalement exportatrice
qualification liée à l'activité
Non-résidence
notion liée au change
Régime fiscal
traitement déterminé par l'activité réelle, les textes applicables et les conditions remplies
La non-résidence n'ouvre donc pas, à elle seule, l'accès à une fiscalité plus favorable.

Impôt sur les sociétés : comment déterminer le taux applicable ?
Le taux de l'impôt sur les sociétés se détermine à partir du bénéfice imposable concerné. En Tunisie, le taux général est de 20 %, sous réserve des taux et régimes particuliers prévus par la législation fiscale. Le taux de 10 % reste applicable à certaines catégories définies par les textes ; le seul fait de réaliser des exportations ne permet pas d'en bénéficier.
Le taux applicable doit être recherché dans l'article 49 du Code de l'IRPP et de l'ISet, le cas échéant, dans les dispositions particulières concernant l'activité ou l'investissement. Il faut vérifier la catégorie de bénéfices, le secteur concerné et les conditions du régime invoqué.
Pour déterminer le taux applicable, il faut vérifier :
- quelle activité génère le bénéfice imposable ;
- si la structure entre dans le cadre visé par le texte ;
- si le secteur concerné relève d'un taux spécifique ;
- si les conditions de fond et de forme sont effectivement remplies.
| Question utile | Pourquoi elle compte |
|---|---|
| De quelle activité provient le bénéfice imposable ? | Le traitement fiscal dépend de la qualification de l'opération |
| La structure entre-t-elle dans le cadre visé par le texte ? | Le régime ne découle pas d'un simple mot-clé commercial |
| Le secteur relève-t-il d'un taux spécifique ? | Certains secteurs obéissent à une logique fiscale propre |
| Les conditions de fond et de forme sont-elles remplies ? | Un taux favorable peut être écarté si le dossier est incohérent |
En matière d'impôt sur les sociétés, le bon réflexe n'est donc pas de chercher un taux unique, mais d'identifier quel bénéfice est imposé, dans quel cadre, et selon quel texte.
Dividendes : quelle retenue à la source s'applique aux bénéfices distribués ?
Les dividendes distribués se lisent fiscalement à travers la retenue à la source applicable au moment de la distribution aux associés ou actionnaires.
La note commune n° 14 rappelle que l'article 46 de la loi de finances pour l'année 2018 a relevé l'impôt dû au titre des bénéfices distribués de 5 % à 10 %. Ce taux de 10 % s'applique aux bénéfices distribués à partir du 1er janvier 2018. Il ne s'applique toutefois pas automatiquement à tous les dividendes : des cas de non-application existent, notamment pour certaines personnes morales résidentes en Tunisie ou lorsqu'un traitement conventionnel plus favorable s'applique.
Avant de conclure sur le traitement fiscal d'une distribution, il faut vérifier :
- qui reçoit les dividendes ;
- à quelle date la distribution intervient ;
- si une convention fiscale s'applique ;
- si la distribution entre dans un cas de non-application.
| Point à vérifier | Pourquoi c'est décisif |
|---|---|
| Qualité du bénéficiaire | Personne physique, personne morale, résident ou non-résident : ce point influence directement la lecture fiscale |
| Date de distribution | Le taux de 10 % vise les bénéfices distribués à partir du 1er janvier 2018 |
| Convention fiscale applicable | Un traité peut limiter ou neutraliser la retenue selon ses propres règles |
| Cas de non-application | Tous les dividendes ne relèvent pas mécaniquement du même traitement |

- • impôt sur les sociétés = fiscalité du bénéfice de la structure ;
- • retenue à la source = fiscalité de la distribution aux associés.
TVA : dans quels cas la taxe peut-elle être suspendue ?
La TVA se lit opération par opération. Il faut distinguer les opérations d'exportation, les acquisitions ou importations liées à l'export et les opérations locales, qui ne relèvent pas du même traitement.
L'article 11, paragraphe I-quater, du Code de la TVA prévoit la suspension pour les importations et acquisitions locales de matières, produits et prestations de services donnant droit à déduction et nécessaires aux opérations d'exportation définies au même article. Ce dispositif exclut les opérations effectuées par les commerçants, les sociétés de commerce international et les entreprises de services. L'article 13 ter du Code de la TVA prévoit par ailleurs, sous conditions, la suspension sur certaines acquisitions d'équipements fabriqués localement nécessaires aux investissements de création avant l'entrée en activité effective.

| Situation | Lecture correcte |
|---|---|
| Opération d'exportation | Peut relever d'un traitement spécifique, à condition de correspondre à la définition légale |
| Achat local ou importation liés à l'export | Peut bénéficier d'une suspension de TVA si le texte et les conditions le permettent |
| Équipements d'investissement | Peut relever de l'article 13 ter, sous conditions précises |
| Opération locale | Peut rester soumise au régime intérieur, même si l'activité est majoritairement tournée vers l'export |
Avant de conclure à une TVA suspendue, il faut vérifier :
- la base légale exacte ;
- le type d'opération concernée ;
- les conditions formelles applicables ;
- la cohérence documentaire du dossier.
En matière de TVA, la bonne question n'est donc pas de savoir si elle s'applique « oui ou non », mais sur quelle opération, selon quel texte, et sous quelles conditions.

Avantages fiscaux : quels dispositifs s'appliquent sous conditions ?
Les avantages fiscaux et allégements ne s'appliquent que dans les cas prévus par les textes et sous réserve du respect des conditions requises.
L'article 71 du Code de l'IRPP et de l'IS prévoit, pour certaines entreprises nouvellement créées, une déduction dégressive sur les quatre premières années d'activité : 100 % la première année, 75 % la deuxième, 50 % la troisième et 25 % la quatrième. L'article 72 du même code précise que ce mécanisme dépend notamment de la déclaration d'investissement, du schéma de financement, de l'attestation d'entrée en activité effective et de la régularisation vis-à-vis de la CNSS.
La loi de finances 2026 prévoit aussi un autre type d'allégement. Son article 13 instaure, pour certains recrutements de jeunes diplômés, une prise en charge dégressive de la contribution patronale de sécurité sociale sur cinq ans : 100 %, puis 80 %, 60 %, 40 % et 20 %. Cet allégement peut réduire le coût du travail, sans se confondre avec un avantage fiscal automatique. L'article 87 prolonge par ailleurs l'application de la contribution sociale de solidarité, ce qui rappelle qu'un dispositif favorable ne supprime pas nécessairement les autres charges ou contributions applicables.
- • un taux réduit n'est pas un droit automatique ;
- • une déduction temporaire n'est pas une exonération générale ;
- • un allégement social ne constitue pas forcément un avantage fiscal au sens strict ;
- • un dispositif favorable reste toujours lié à son champ d'application et à ses conditions.
Avant d'invoquer un avantage, il faut donc vérifier : pour quelle activité, à quel moment, sous quelles formalités, et dans quelle limite.
Marché local : quel traitement fiscal pour les opérations mixtes ?
Dès qu'une activité exportatrice comprend aussi des opérations locales, la lecture fiscale doit distinguer ce qui relève du périmètre export et ce qui relève du marché intérieur.
La loi n° 2017-8 du 14 février 2017 rappelle qu'une entreprise totalement exportatrice peut écouler sur le marché local une partie de son chiffre d'affaires export de l'année civile précédente, dans la limite de 30 %. Ce seuil impose une lecture distincte des opérations locales, notamment en matière de TVA, de comptabilité et de cohérence documentaire.
Avant d'opérer localement, il faut vérifier :
- si le plafond légal applicable est respecté ;
- si les opérations locales sont clairement distinguées des opérations d'export ;
- si le traitement TVA a été relu pour ces opérations ;
- si le régime fiscal revendiqué reste cohérent avec l'activité réellement exercée.
| Point de contrôle | Pourquoi c'est décisif |
|---|---|
| Respect du plafond légal | L'ouverture au marché local reste encadrée |
| Distinction export / local | La lecture fiscale dépend de la nature réelle des opérations |
| Traitement TVA des opérations locales | Le régime intérieur peut s'appliquer |
| Cohérence comptable et documentaire | Une activité mixte mal séparée fragilise le dossier |
Une activité exportatrice peut donc intégrer une part de marché local, mais cette évolution doit être traitée comme un ajustement fiscal et documentaire, et non comme une simple extension commerciale. Pour relier l'impôt sur les sociétés, la TVA et les dividendes à une vue d'ensemble de la société offshore en Tunisie, il faut aussi tenir compte du fonctionnement général, de la structuration et des obligations applicables.
Questions fréquentes sur la fiscalité d'une société offshore en Tunisie
Une société offshore en Tunisie paie-t-elle forcément 10 % d'impôt ?
Une société offshore en Tunisie paie-t-elle forcément 10 % d'impôt ?
Non. Le taux de 10 % ne doit jamais être présenté comme un taux automatique. Le traitement dépend de l'activité réelle, du secteur concerné, du type de bénéfice et du texte applicable. Le taux général de l'impôt sur les sociétés est de 20 %, sous réserve des taux et régimes particuliers prévus par la législation fiscale.
Les dividendes sont-ils imposés séparément des bénéfices ?
Les dividendes sont-ils imposés séparément des bénéfices ?
Oui. L'impôt sur les sociétés et la fiscalité des dividendes relèvent de deux niveaux distincts. Les bénéfices distribués peuvent relever d'une retenue à la source de 10 % dans le cadre rappelé par la note commune n° 14, sous réserve des cas de non-application ou d'un traitement conventionnel différent.
Une entreprise totalement exportatrice est-elle automatiquement exonérée de TVA ?
Une entreprise totalement exportatrice est-elle automatiquement exonérée de TVA ?
Non. Il faut distinguer : le traitement des opérations d'exportation ; la suspension de TVA sur certaines acquisitions ou importations ; les opérations locales, qui peuvent rester soumises au régime intérieur.
Les avantages fiscaux sont-ils automatiques après la création ?
Les avantages fiscaux sont-ils automatiques après la création ?
Non. Les mécanismes prévus par la loi n° 2017-8, notamment la déduction dégressive sur quatre ans, dépendent de conditions précises, en particulier la déclaration d'investissement, le schéma de financement, l'entrée en activité effective et la régularisation sociale.
Une activité exportatrice peut-elle vendre sur le marché local ?
Une activité exportatrice peut-elle vendre sur le marché local ?
Oui, sous conditions. Le texte prévoit une possibilité d'écoulement local dans la limite de 30 % du chiffre d'affaires export de l'année précédente. Cette faculté doit être intégrée dans la lecture fiscale du dossier.
Ce qu'il faut retenir
La fiscalité d'une structure offshore en Tunisie ne se lit ni à partir d'un taux unique, ni à partir d'un avantage supposé. Elle dépend des textes applicables, de la nature réelle des opérations et des conditions effectivement remplies. Cette lecture doit donc rester strictement attachée à la qualification des opérations, au texte applicable et à la cohérence du dossier. Pour la vue d'ensemble du cadre juridique, opérationnel et bancaire, voir la société offshore en Tunisie.
Rédaction et validation : Safouen Ben Errayes, comptable et commissaire aux comptes inscrit à l'Ordre des Comptables de Tunisie (OCT).
Mise à jour : 20/07/2026.
Contenu informatif fondé sur les textes fiscaux et dispositifs applicables à la date de mise à jour.

