
Fiche d'investissement en Tunisie :validation BCT et transfertdes dividendes
Cette page se concentre sur la fiche d'investissement en Tunisie, sa validation et son rôle dans le transfert des dividendes d'un non-résident. Elle ne traite pas le cadre général de création d'une société offshore, ni l'ensemble de la réglementation de change, ni la fiscalité générale des distributions.
La fiche d'investissement sert à prouver qu'un investissement en devises a été déclaré dans un cadre régulier, afin de pouvoir être examiné plus tard par l'intermédiaire agréé lors d'un transfert de dividendes, d'un produit de cession ou d'une liquidation.
La circulaire BCT n° 2018-14 du 26 décembre 2018 encadre cette mécanique. Son article 5 organise la déclaration par Fiche d'Investissement ou Attestation Bancaire d'Investissement, tandis que ses articles 6 et 7 fixent les deux délais clés : 2 mois pour déclarer, puis 1 mois pour la validation.
À retenir dès le départ :- la fiche d'investissement documente la régularité initiale d'un investissement en devises ;
- elle ne crée pas le droit au dividende, mais elle conditionne en pratique le transfert ;
- sa valeur repose sur trois éléments : traçabilité, délai, validation.
Pour la vue d'ensemble du cadre juridique, opérationnel et bancaire, et pour relier l'investissement en devises, les formalités initiales et la déclaration d'investissement à une création société offshore Tunisie, il faut aussi tenir compte du cadre général, des étapes du projet et des obligations dès l'origine.
À quoi sert la fiche d'investissement en Tunisie ?
La fiche d'investissement sert à déclarer un investissement en devises réalisé en Tunisie par un non-résident et à en établir la traçabilité. Elle documente l'origine des fonds, la nature de l'opération et la date juridique de réalisation de l'investissement.
Concrètement, elle remplit trois fonctions :
prouver la régularité initiale de l'investissement en le rattachant à un financement en devises identifiable ;
sécuriser les opérations futures, notamment le transfert de dividendes, de bénéfices distribués, d'un produit de cession ou d'un produit de liquidation ;
éviter un dossier incomplet, en permettant à l'intermédiaire agréé de vérifier l'investissement d'origine au moment du transfert.
La fiche d'investissement ne remplace ni les obligations fiscales, ni les déclarations sociales, ni les pièces exigées lors du transfert. Elle relève d'une logique distincte : celle de la régularité d'un investissement en devises au regard de la réglementation de change.
Le bon ordre de lecture est le suivant : investissement régulier → déclaration → validation → transfert futur. Pour relier la régularité de l'investissement, le transfert futur et la traçabilité au montage global d'une société offshore en Tunisie, il faut aussi les relire à la lumière du fonctionnement global, de la structuration du dossier et de la cohérence d'ensemble.
Dans quels cas la fiche d'investissement est-elle obligatoire ?
La fiche d'investissement devient nécessaire lorsqu'une opération entre dans le champ de la circulaire BCT n° 2018-14, c'est-à-dire lorsque deux critères sont réunis :
- l'investisseur est non-résident au regard de la réglementation des changes ;
- l'investissement est financé en devises.
Ce double critère est déterminant. La seule présence d'un investisseur étranger ne suffit pas si le financement ne suit pas la logique prévue par le texte. Le point décisif reste donc la qualification de l'opération et son mode de financement.
En pratique, la fiche concerne notamment :
Constitution d'une société avec apport en devises.
Augmentation de capital libérée en devises.
Acquisition d'actions ou de parts sociales.
Acquisition de biens immobiliers.
Certains investissements financiers relevant du cadre prévu.
La circulaire retient une logique de traçabilité : l'investissement doit être financé par importation de devises, notamment par virement bancaire depuis l'étranger, par débit d'un compte étranger en devises ou en dinars convertibles ouvert en Tunisie, ou encore par importation de billets étrangers régulièrement déclarés à la douane.
| Ce qu'il faut vérifier | Pourquoi c'est décisif |
|---|---|
| Statut du souscripteur | La fiche vise les non-résidents au sens du change |
| Nature de l'opération | Toutes les opérations ne relèvent pas du même traitement |
| Mode de financement | Le financement en devises est la base de la régularité |
| Preuve documentaire | Sans traçabilité, l'opération devient plus fragile |
La fiche d'investissement doit être déclarée dans le bon délai puis validée par l'intermédiaire agréé domiciliataire.
La circulaire BCT n° 2018-14 fixe ici une séquence précise. Son article 6 accorde à l'investisseur un délai maximal de deux mois à compter de la date de réalisation juridique de l'investissement pour établir la fiche d'investissement. Son article 7 prévoit ensuite que l'intermédiaire agréé domiciliataire dispose d'un délai de un mois à compter de la déclaration pour procéder à la validation.
Délai maximal à compter de la réalisation juridique de l'investissement.
Délai laissé à l'intermédiaire agréé domiciliataire après déclaration.
Le point de départ du délai de deux mois n'est pas nécessairement la date du virement des fonds. Il faut raisonner à partir de la date juridique de réalisation de l'investissement. Selon la nature de l'opération, cette date peut notamment correspondre :
- à l'immatriculation au Registre National des Entreprises ;
- à l'inscription d'une augmentation de capital ;
- à l'enregistrement d'un contrat d'acquisition ;
- à l'inscription à la Conservation de la Propriété Foncière, lorsque le cas s'y prête.
Une fois la fiche déposée, l'intermédiaire agréé vérifie les informations déclarées, les pièces justificatives et la cohérence documentaire du financement. Le délai d'un mois prévu par l'article 7 conditionne donc la validation effective du document.
| Étape | Base juridique | Délai | Ce qu'il faut comprendre |
|---|---|---|---|
| Déclaration de la fiche | Article 6 | 2 mois | Le délai court à partir de la réalisation juridique de l'investissement |
| Validation par l'intermédiaire agréé | Article 7 | 1 mois | La validation suppose un contrôle des informations et des justificatifs |
Avant de considérer le dossier comme régulier, il faut vérifier :
- la date juridique exacte de l'investissement ;
- si la fiche a bien été établie dans les deux mois ;
- si la validation par l'intermédiaire agréé a bien été menée à son terme.
Un investissement financé en devises n'est pleinement exploitable que s'il est traçable, déclaré dans les temps et validé.
Le transfert de dividendes au profit d'un non-résident n'est pas traité comme un simple virement bancaire. Il est rattaché à un investissement initial qui doit être régulier, identifiable et documenté.
C'est ce lien qui donne à la fiche d'investissement sa portée pratique. Elle ne crée pas le droit aux dividendes au sens sociétaire : la distribution résulte d'abord d'une décision sociale, d'une affectation du résultat et du respect des obligations fiscales applicables. En revanche, au moment du transfert vers l'étranger, l'intermédiaire agréé doit pouvoir vérifier que l'investissement à l'origine de la participation du non-résident a été régulièrement déclaré dans le cadre de change.
La circulaire BCT n° 2018-14 le traduit de manière concrète. Son article 10 habilite les intermédiaires agréés à transférer les bénéfices et dividendes revenant aux non-résidents sur la base des pièces prévues par l'annexe 2. Son article 12 ajoute qu'au moment du transfert, l'intermédiaire agréé doit vérifier la régularité de la création de l'entreprise et de la participation au capital par l'investisseur non-résident.
Il faut donc distinguer :
décision interne de la société
exécution bancaire vers l'étranger
pièce qui rattache ce transfert à un investissement en devises régulier
En pratique, le procès-verbal d'affectation du résultat ne suffit pas à lui seul. La banque relit l'ensemble du dossier : origine de l'investissement, régularité documentaire, situation fiscale, pièces sociales et cohérence des montants. Pour replacer cette formalité dans son contexte, le transfert des dividendes se comprend aussi à la lumière de la structure d'une société offshore en Tunisie.
À retenir : la fiche d'investissement permet de prouver que les dividendes à transférer sont rattachés à une participation financée en devises et régularisée dans le cadre prévu.
Quels documents faut-il fournir pour transférer les dividendes ?
Le transfert des dividendes d'un non-résident repose sur un dossier documentaire complet. La fiche d'investissement est centrale, mais elle ne suffit pas à elle seule : l'intermédiaire agréé doit pouvoir relier l'investissement initial, la qualité de non-résident du bénéficiaire, la décision de distribution et la fiscalité des dividendes.
Pour les bénéfices et dividendes revenant à des non-résidents, l'annexe 2 de la circulaire BCT n° 2018-14 impose notamment :
- la Fiche d'Investissement et/ou l'Attestation Bancaire d'Investissement ;
- l'attestation de régularisation de la situation fiscale ou d'exonération des revenus, établie au nom du bénéficiaire, conformément à l'article 112 du Code des droits et procédures fiscaux ;
- les pièces justifiant la qualité de non-résident du bénéficiaire au moment du transfert ;
- le procès-verbal ayant statué sur l'affectation du résultat, signé et enregistré ;
- la liste actualisée des associés ou actionnaires, avec indication du lieu de résidence et de la part revenant à chacun ;
- un état de répartition des bénéfices ou dividendes dûment visé ;
- les états financiers du dernier exercice clos ;
- la déclaration fiscale annuelle visée par les services compétents.
La banque ne lit pas ces pièces séparément. Elle vérifie qu'elles décrivent toutes la même opération : une participation non-résidente régulièrement financée, des bénéfices régulièrement affectés, puis un transfert cohérent dans ses montants, ses bénéficiaires et sa base légale.
| Document | Ce qu'il prouve |
|---|---|
| Fiche d'investissement / ABI | Régularité de l'investissement en devises |
| Attestation fiscale (art. 112) | Situation fiscale régularisée ou exonération |
| PV d'affectation du résultat | Décision valide de distribution |
| Liste des associés + état de répartition | Identité du bénéficiaire et quote-part |
| États financiers + déclaration fiscale | Base comptable et fiscale du dividende |
Plus les pièces sont alignées dès l'origine, moins le dossier sera exposé à des demandes complémentaires ou à des retards.
Retard, absence de fiche et régularisation : que se passe-t-il en pratique ?
L'absence de fiche d'investissement ne supprime pas automatiquement les droits économiques de l'associé. En revanche, elle fragilise le dossier au moment du transfert.
Si la fiche n'a pas été déclarée dans le délai prévu à l'article 6, ou si elle n'a pas été validée selon l'article 7, l'intermédiaire agréé doit relire l'investissement d'origine avec plus de prudence. Cela peut entraîner :
un blocage du traitement ;
une suspension du transfert ;
une demande de régularisation préalable.
L'article 16 de la circulaire BCT n° 2018-14 concerne la reprise des anciennes fiches et la régularisation d'investissements réalisés avant son entrée en vigueur. Pour ces investissements historiques dépourvus de fiche, la déclaration peut reposer sur un document d'une banque établie en Tunisie attestant l'importation des devises et leur affectation à l'investissement, ou sur une autorisation particulière de la BCT. Ce dispositif transitoire ne constitue pas un mécanisme général de régularisation d'un investissement récent déclaré hors délai.
Avant de demander le transfert, il faut vérifier en priorité :
- si la fiche a été déclarée dans les 2 mois ;
- si la validation a bien été finalisée ;
- si les preuves du financement initial en devises sont encore disponibles ;
- si le dossier fiscal et social est cohérent ;
- si le bénéficiaire est bien documenté comme non-résident au moment du transfert.
Le cas le plus délicat n'est pas toujours l'absence totale de document, mais le dossier partiellement documenté : fonds effectivement entrés, mais traçabilité incomplète ; distribution décidée, mais base d'investissement mal reliée ; changement d'actionnariat sans mise à jour des pièces.
La fiche d'investissement relie l'entrée des devises à la participation au capital, puis au transfert futur des dividendes. Une fiche tardive ou absente n'est donc pas une simple irrégularité formelle : elle peut déplacer tout l'effort de preuve au moment où le transfert est demandé.
Rédaction et validation : Safouen Ben Errayes, comptable et commissaire aux comptes.
Mise à jour : 18/07/2026.
Contenu informatif fondé sur la circulaire BCT n°2018-14 et sur les règles applicables au moment de la rédaction.
