Activité mixte

Société partiellement exportatrice en Tunisie : comment distinguer une activité mixte d’un cadre totalement exportateur ?

Dans les sources tunisiennes, la distinction entre activité totalement exportatrice et activité partiellement exportatrice existe bien. Sur cette page, l’expression sert à lire un projet à activité mixte : une partie du chiffre d’affaires vise l’export, une autre le marché tunisien.

L’article 7 bis de la loi n° 94-42 distingue explicitement, pour les sociétés de commerce international, les sociétés totalement exportatrices et les sociétés partiellement exportatrices, tandis que l’article 69 du code de l’IRPP et de l’IS définit l’entreprise totalement exportatrice et encadre l’écoulement local. La vraie question n’est donc pas de savoir si le projet est « international » en général, mais s’il relève d’une activité réellement totalement exportatrice ou d’une activité mixte.

§1 · Définition

Société partiellement exportatrice en Tunisie : qu’est-ce qu’une activité mixte ?

Un projet partiellement exportateur est un projet dont l’activité n’est ni purement locale, ni totalement orientée vers l’export.

Concrètement, on est dans cette zone quand :

Cas 01

Chiffre d’affaires à l’étranger

une partie du chiffre d’affaires est faite à l’étranger

Cas 02

Chiffre d’affaires en Tunisie

une autre partie est faite en Tunisie

Cas 03

Marché tunisien intégré

ou quand le marché tunisien fait partie du modèle économique dès le départ

Le bon réflexe est de partir de l’activité réelle, pas de l’étiquette recherchée. Si la part locale est structurelle, si le marché tunisien fait partie du projet dès l’origine, ou si l’activité ne peut pas être lue comme une activité presque entièrement export, vous êtes dans une logique mixte.

§2 · Différence

Différence avec une société totalement exportatrice

La différence tient d’abord à la logique d’activité.

L’entreprise totalement exportatrice, au sens de l’article 69, est définie par la totalité de ses ventes ou de ses services à l’étranger, ou par des services rendus en Tunisie mais utilisés à l’étranger. Le même texte permet ensuite un écoulement local limité à 30 % du chiffre d’affaires à l’export de l’année civile précédente, avec une règle spécifique pour les nouvelles entreprises.

Le projet partiellement exportateur est différent : le local n’est pas un simple débouché accessoire toléré par le texte. Le marché tunisien fait déjà partie du modèle économique.

Lecture
On regarde d’abord
Bonne question
Société totalement exportatrice
l’activité presque entièrement export
l’activité est-elle structurée comme une activité 100 % export avec seulement un écoulement local limité ?
Projet partiellement exportateur
l’activité mixte
le marché tunisien fait-il partie du modèle dès le départ ?
Arbitrage international plus large
le montage global
le dossier dépasse-t-il la simple opposition activité mixte / totalement exportatrice ?

Autrement dit, un projet mixte n’est pas mal lu parce qu’il exporte « un peu ». Il est mal lu quand on essaie de le faire entrer trop vite dans un cadre pensé d’abord pour l’export total.

Si votre vraie question porte sur ce cadre, la bonne page suivante est société totalement exportatrice en Tunisie.

§3 · Choix du régime

Pourquoi cette distinction change le choix du régime

Cette distinction change le choix du régime parce qu’elle évite une erreur fréquente : partir du mot export avant de qualifier la part locale réelle de l’activité.

L’article 68 du code de l’IRPP et de l’IS vise les opérations d’exportation, notamment :

1

les ventes de marchandises ou de produits à l’étranger

2

les prestations de services à l’étranger

3

les services rendus en Tunisie mais utilisés à l’étranger

L’article 69 ajoute ensuite la définition de l’entreprise totalement exportatrice et la règle d’écoulement local plafonné.

Cela veut dire qu’un projet mixte doit être lu d’abord par la réalité de son activité, pas par une ambition générale « internationale ».

Cette lecture change trois choses :

  • elle évite de basculer trop vite vers une lecture totalement exportatrice alors que le marché tunisien est déjà central ;
  • elle évite de glisser trop vite vers une lecture de montage plus large alors que le vrai sujet est simplement celui d’une activité mixte ;
  • elle évite de choisir un régime qui devra être corrigé plus tard, quand l’exploitation locale apparaîtra clairement.

Le bon ordre est donc le suivant :

Étape 01

qualifier l’activité réelle

Étape 02

vérifier si l’export est total ou mixte

Étape 03

seulement ensuite arbitrer le cadre le plus cohérent

§4 · Cas concrets

Les cas où le mauvais choix de régime coûte du temps

Équipe de services face à un mix de clients étrangers et tunisiens
Cas 1

Activité de services avec clients étrangers et tunisiens

Une société de services facture à la fois des clients étrangers et des clients tunisiens. Le projet exporte réellement, mais il n’est pas construit comme une activité totalement exportatrice. Si la part locale fait partie de l’équilibre du projet, la lecture « 100 % export » devient artificielle. L’article 69 tolère un écoulement local limité ; il ne transforme pas une activité mixte assumée en activité totalement exportatrice par simple effet d’étiquette.

Ligne de production avec débouchés export et locaux
Cas 2

Activité industrielle avec débouchés mixtes

Une entreprise produit pour l’export, mais vend aussi de manière significative sur le marché tunisien. Ici, la frontière se lit dans la structure réelle du chiffre d’affaires, pas dans le discours commercial.

Cas 3

Services rendus en Tunisie mais utilisés localement

Le droit reconnaît à l’article 68 les services rendus en Tunisie et utilisés à l’étranger comme opérations d’exportation. Cette précision est utile. Mais l’inverse l’est tout autant : si le service est rendu en Tunisie et utilisé principalement en Tunisie, la lecture exportatrice perd rapidement de sa force.

Cas 4

Projet lu trop vite comme totalement exportateur

Dernier cas fréquent : un porteur de projet voit des clients étrangers, des flux internationaux, et en déduit immédiatement « totalement exportateur ». Le problème est qu’une activité mixte peut être internationale sans relever d’emblée d’un cadre totalement exportateur.

Quand le mauvais choix est fait trop tôt, on perd du temps sur :

  • la lecture du bon régime
  • la cohérence du montage
  • la documentation à produire ensuite
  • et parfois le positionnement même du projet.
§5 · Arbitrage supérieur

Quand sortir d’une simple lecture d’activité mixte

Il faut sortir d’une simple lecture d’activité mixte quand la vraie question n’est plus seulement celle de la frontière entre local et export, mais celle d’un arbitrage plus large.

C’est notamment le cas quand :

Signal 01

la question porte d’abord sur la non-résidence ou la structuration du capital

Signal 02

le projet très orienté export doit être relu au-delà de la seule opposition local / export

Signal 03

vous devez vérifier si le dossier reste une activité mixte, ou s’il relève en réalité d’un cadre plus large

Dans ce cas, le bon ordre de lecture est le suivant :

Le mélange entre marché local et export change toute la lecture du dossier. Une société offshore en Tunisie ne se raisonne pas comme une structure dont une partie du chiffre d’affaires reste rattachée à la Tunisie.

Faire qualifier le régime

Votre activité est mixte et vous hésitez sur le bon cadre ? Faites qualifier le régime avant de lancer la création.

La vraie question est brutale : qui paie, d’où part la facture, où se fait l’exécution, et quelle part reste locale ? Tant que ce découpage n’est pas net, il faut comparer société partiellement exportatrice et société offshore en Tunisie avant de figer le statut.

Table stratégique d'arbitrage entre régimes d'investissement
§6 · Périmètre

Ce que cette page ne traite pas en détail

Cette page aide à comprendre quand un projet relève plutôt d’une logique partiellement exportatrice que d’un cadre totalement exportateur.

Elle ne traite pas en profondeur :

le détail des activités éligibles
la réglementation des changes
la banque et le compte en devises
la fiche d’investissement et les dividendes
la fiscalité offshore
ni le détail complet de la page société totalement exportatrice.
FAQ

FAQ

Une société partiellement exportatrice est-elle reconnue dans les sources officielles tunisiennes ?
Oui. L’article 7 bis de la loi n° 94-42 sur les sociétés de commerce international parle expressément de sociétés partiellement exportatrices et de sociétés totalement exportatrices.
Une entreprise totalement exportatrice peut-elle vendre en Tunisie ?
Oui, mais dans une limite de 30 % du chiffre d’affaires à l’export de l’année civile précédente, avec une règle spécifique pour les nouvelles entreprises. C’est ce que prévoit l’article 69.
Tous les projets avec des clients étrangers relèvent-ils d’un cadre totalement exportateur ?
Non. Le fait d’avoir des clients étrangers ne suffit pas. Il faut regarder si l’activité est réellement structurée comme une activité totalement exportatrice au sens des articles 68 et 69, ou si elle reste mixte.
Quand faut-il lire la page offshore ?
Quand la vraie question ne porte plus seulement sur la part locale de l’activité, mais sur un arbitrage international plus large du montage. La sortie utile est alors de vérifier si votre projet relève plutôt d’une société offshore en Tunisie.